Et si on se déconnectait ?

De mon périple au Canada et aux Etats-Unis cet été 2010, j’ai ramené un discours auquel je ne m’attendais pas. Celui de la tentation de la déconnexion.

Perpétuellement connecté et en permanence, telle est l’injonction qui nous guide depuis quinze ans et l’avènement d’Internet dans le grand public.

Du dial-up ou de la connexion via le réseau téléphonique, jusqu’à la connexion sans fil et mobile en passant par le haut débit et très haut débit, nous passons notre temps à up grader nos réseaux et nos connexions et à en étendre la couverture, mais pour quoi ? Un être humain peut il vivre connecté en permanence, nuits et jours, 7J/7. Que devient notre fameux temps libre, celui de l’ennui et de la flânerie ?

Blackberry, iPhone et Cie : nous entendons et lisons les voix des autres toute la journée et tout le temps, et ces voix nous guident. Que devient alors notre propre voix, celle du fond de nous qui nous parle ?

FaceBook, LinkedIn et autres, nous rejoignons toujours plus de réseaux sociaux, multipliant nos contacts et nos listes d’adresses, jusqu’à en compter plusieurs centaines : très bien, mais pour quelle qualité de lien social ? Qui peut sérieusement prétendre entretenir plus d’une 50aine, allez disons une 100aine, de relations sérieuses et profondes ?


La vérité est que nos commettons l’erreur de nous concentrer sur les outils sans aucune quête de sens, pris dans le tourbillon de l’effet club. En d’autres termes, nous confondons la fin et les moyens.

Il va alors nous falloir apprendre à nous déconnecter une fois par jour ou un jour par semaine pour redécouvrir ce qu’il y a d’humain autour de nous.

C’est Eric Schmidt le patron Google, la Société pourtant symbole de cette société qu’on nous dessine et qui s’impose, qui le dit à sa façon :

« rien n’est plus beau que de tenir la main de son petit fils, lorsqu’il fait ses premiers pas »

Oui, les réseaux numériques sont essentiels à nos vies.

Mais il ne faut faire d’eux que l’équivalent de l’eau ou de l’électricité, et pas plus.