VOIR FACEBOOK OU MOURIR

Au début, l’entreprise n’y a vu qu’une mauvaise rumeur en ligne. Elle a pensé que ce début de mauvaise e-reputation allait cesser comme elle avait débuté, en silence. Puis, le mauvais buzz a enflé : les réseaux sociaux, les blogs, les forums publics, chacun s’y est mis. En face, personne : un vrai massacre, un vrai lynchage, le retour de la foule. Les clients ont commencé à annuler les commandes. La mauvaise publicité a attiré les contrôles des Urssaf, de l’administration fiscale, puis la Cnil et la Halde s’y sont mis. En interne, les collaborateurs ont perdu confiance, ont perdu la foi. Et les derniers clients ont abandonné l’entreprise blessée. Plus de chiffre d’affaires, les dettes qui enflent, la lente descente aux enfers, puis l’agonie, puis, la fin … sans avoir dit un mot.

En ma qualité d’Avocat, on m’interroge souvent pour savoir comment doit agir une entreprise face à une attaque informationnelle ?

Y a-t-il une réponse judiciaire, un juge de l’urgence, pour faire cesser l’attaque, me demande t’on ?

Ma réponse pourra étonner mais elle est la suivante.

Il faut considérer celle qu’on appelle la société de l’information, comme un être à part entière.

Et il faut parler à cet être comme on s’adresse à n’importe quel être de chair et de sang.

Lui parler et, surtout, lui donner la possibilité de vous parler, de vous écrire.

Autrement dit, la meilleure réponse n’est pas avant tout juridique, elle est dans la présence de l’entreprise sur la Toile pour s’exprimer, échanger, mais aussi écouter, laisser parler et peut être évoluer.


La réponse juridique peut venir après, lorsque les limites à la liberté d’expression ont été franchies que les propos touchent à l’ordre public (racisme, antisémitisme, homophobie etc. …) ou à ce que l’on nomme les droits des tiers (dénigrement, atteinte à l’intimité de la vie privée voire atteinte à la propriété intellectuelle).

Alors oui, il existe tout un panel de mesures juridiques existantes et déjà en œuvre au quotidien pour identifier les auteurs de propos illicites, les poursuivre, les sanctionner.

Mais arriver à ce point de non retour, est forcément un échec.


Non, pour répondre à l’attaque informationnelle en ligne, la meilleure posture est encore d’être présent de répondre, d’argumenter.

Personnellement, je considère que FaceBook est un piège, et on a le droit de ne pas tomber dedans.

Mais FaceBook est aussi une réalité.

Et ne pas s’y précipiter en cas d’attaque, c’est peut être déjà un peu mourir.