Vie privée, éloge de la porte

Constituée au minimum d’un linteau, de deux poteaux et d’une planche de bois, elle est universelle

Elle délimite la propriété privée de l’espace public

Elle est la limite entre, à l’extérieur, un monde de communication, et à l’intérieur, un espace où se retrouver

Dehors les sourires, dedans le vrai visage

Elle reçoit parfois les signes des traditions, des coutumes et des croyances

Les hébreux l’avaient badigeonnées du sang de l’agneau pascal sacrifié avant la 10ème plaie et la sortie d’Egypte

Mais elle parle peu, sauf pour demander de ne pas déranger

Dans les sociétés dites modernes, elle est de moins en moins accueillante et a délégué les quelques messages de bienvenue encore visibles au paillasson

Dans les hôtels, au petit personnel, elle donne des instructions

Elle n’est pas un portail

C’est elle qu’on regrette dans les transports en commun quand son voisin déverse au moyen de son mobile, sa vie privée sans pudeur

Mais existe-t-elle vraiment sur Internet ?

La vie privée sans défense peut elle exister sans elle ?