HORTEFEU, l’autre scandale
Par Olivier ITEANU le samedi 26 septembre 2009, 20:39 - Société - Lien permanent
Notre propos n’est pas ici de porter la critique aux propos du Ministre de l’intérieur, Brice Hortefeu, tenus en présence d’un militant maghrébin à l’occasion d’un fête champêtre de l’UMP dans le sud de la France. Ces quelques mots sont au mieux une plaisanterie de mauvais goût dont on est en droit de se demander s'ils sont dignes d'un Ministre de l’Intérieur ou au pire et à l'extrême, des paroles hors la Loi. Non, notre propos est plutôt d’attirer l’attention de tous sur l’autre scandale que nous percevons au titre de cet incident, un scandale qui n'a été vu par aucun média, aucune parole publique.
Pas une semaine ne passe sans que tel homme politique, telle personnalité ne se fasse prendre dans telle attitude ou à l’occasion de tel propos tenu parfois simplement en privé, attitude ou propos diffusés dans le public après avoir été captés par téléphone mobile, alors que cette attitude ou ce propos ne devaient pas avoir cette destination.
A- t-on seulement réfléchi à une société où le moindre de nos mouvements se trouverait épié, filmé, enregistré, diffusé ? Qui est capable de vivre constamment sous les vidéos de nos téléphones mobiles ? A t’on seulement anticipé les conséquences d’une telle évolution sur le langage, par exemple des politiques : une société qui contrôle tout, ne devient elle pas une société qui ne parle plus ou ne sait plus parler ? N’est on pas délateur quand on filme et diffuse des images qui n’étaient pas destinées au public ? A l’extrême limite, n’est on pas en train de nous construire une société où on aurait plus droit à l’erreur, à un coup de folie voire même à la faute ?
Cette société, c’est celle du Big Brother du roman de George Orwell « 1984 » qui prédisait l’avènement d’un régime policier technologique et personnifié par un visage partout présent dans la société.
Mais le Big Brother, s’il est déjà là, il est … nous tous !
Espérons que par nos réflexions, nous aurons lancé un débat totalement absent de nos sociétés et qui pourtant s’impose.